L'UTILISATION DU FROID ET DE LA CHALEUR

 

 

 

L'information présentée dans ce document a été rendue publique dans un but d'éducation. Comme tout document de nature médicale ou paramédicale, l'analyse de l'information doit se faire avec circonspection et avec un esprit ouvert.

Les notions couvertes dans ce document sont, à ce que je sache, à jour en janvier 2000. La science médicale étant en constante évolution, les choses peuvent changer.

L'auteur n'etant pas médecin , en aucun il ne pourrait être tenu résponsable de l'application que quelqu'un pourrait faire des informations contenues dans ce document.

 

Certains mythes et croyances circulent quant à l'utilisation du froid et de la chaleur dans les soins d'urgence. Nous tenterons ici de faire le point sur cette question qui est de nature importante.

Tout d'abord, il faut savoir que l'utilisation de froid ou de chaleur se fait dans les cas de blessures musculo-squelettique et que les soins d'urgence couvrent les premières 24 heures. L'action rapide est de mise car les cinq (5) premières minutes sont les plus importantes. Très souvent, à moins d'avoir été témoin de l'accident et d'avoir son équipement à portée de la main, il sera difficile d'assurer les premiers soins aussi rapidement mais, en connaissant cette règle de cinq minutes, on comprend mieux la pertinence de ne pas perdre de temps.

Des soins rapides assureront une convalescence plus courte et un retour à des activités normales dans les plus brefs délais.

 

chaleur ou froid

Pour répondre à la question, voyons tout d'abord le résultat d'une blessure aux tissus mous. Il y a trois (3) phases à une blessure: phases aiguë, subaiguë et de réparation.

 

1) phase aiguë: survient immédiatement après le traumatisme. Il y a rupture de vaisseaux sanguins entraînant un déversement de sang dans les tissus environnants. Cet épanchement tissulaire provoque de l'oedème, de la rougeuridiscoloration et de la chaleur au site de la blessure.

 

L'oedème ainsi créé fera pression contre les structures environnantes et entraînera de la douleur et une perte de fonction de la partie atteinte.

 

Tout ce phénomène se complique par la libération d'une substance appelée "histamirie". Cette substance augmente l'oedème et les autres signes et symptômes.

 

La phase aiguë dure, pour les blessures plus importantes, jusqu'à 24 heures. Pour des blessures très importantes, cela peut aller jusqu'à 72 heures. Le facteur déterminant est le temps que les vaisseaux sanguins prendront pour être réparés.

 

Les signes et symptômes des blessures musculo-squelettique se retrouvent ici. En effet, l'oedème, la rougeur discoloration, la chaleur, la perte de fonction et la douleur sont les cinq points cardinaux de l'inflammation.

 

L'histamine, substance bien connue (celle qui provoque les signes et symptômes d'allergies (i.e

antihistaminiques) est libérée par des cellules du système immunitaire, les mastocytes. Elle agit en favorisant la dilatation des vaisseaux sanguins au site de la blessure pour favoriser l'arrivée de sang vers la blessure et, ainsi, plus de cellules du système immunitaire pour lutter contre l'infection. De plus, cette dilatation permet aux dites cellules immunitaires de passer à travers la paroi des vaisseaux sanguins pour aller directement dans le tissu lésé (non-nalement, ces cellules sont trop grosses pour traverser la paroi vasculaire).

 

 

 

2) phase subaiguë: il s'agit du début de la phase exsudative (retrait des liquides en excès). Les tissus commencent à se réparer et le tout débute, habituellement, après 24 heures et durera environ une semaine.

 

3) phase de réparation : cicatrisation et nettoyage de la blessure par les systèmes immunitaire et lymphatique. Des cellules spécialisées et des produits chimiques digèrent les débris (cellules mortes).

 

utilisation du froid

 

La réaction de l'organisme à la blessure vise à contrer l'entrée possible de micro-organismes pathogènes. Malheureusement, cette réaction survient même lorsque la blessure est fermée et cela entraîne les effets négatifs que l'on connaît (douleur et perte de fonction). L'intervention doit viser à contrer cette réaction et c'est ici que l'utilisation du froid entre en jeu.

 

Lorsque la peau est mise en contact avec le froid, les vaisseaux sanguins localisés se constrictent (vasoconstriction) pour empêcher la perte de chaleur. Cette réaction normale de conservation combat l'effet de l'histamine et, par le fait même, ralentit le processus d'oedème qui conduirait aux signes et symptômes de l'inflammation. Bien sûr, cela ne renverse pas les dommages déjà créés ou même empêcher complètement l'oedème. Cependant, cela ralentira le processus d'inflammation tout en permettant la réparation des vaisseaux sanguins. Ainsi, en bout de ligne, il y aura eu moins d'oedème.

 

Il y a des limites à l'utilisation du froid. En effet, après 15 à 20 minutes, le froid cesse de faire effet. Les vaisseaux sanguins commenceront à se dilater pour permettre à nouveau le passage du sang. La vasoconstriction reprendra ensuite le dessus, suivie par la vasodilatation et ainsi de suite. Ce phénomène se nomme "phénomène de Hunting". Il est à éviter car cette alternance continue entre la dilatation et la constriction permet à une quantité importante de sang de circuler.

 

C'est pourquoi on doit ôter la source de froid après 15 à 20 minutes, attendre un temps équivalent et remettre la source de froid. Cette alternance devrait se continuer pendant la période critique de 3 à 4 heures. Cependant, pour des blessures plus importantes, cette période peut être de 12 heures. Pendant la période où le froid n'est pas appliqué, les vaisseaux sanguins se dilateront très lentement. Beaucoup plus lentement que si le phénomène de Hunting se produisait.

 

En résumé, le froid crée une vasoconstriction qui peut durer jusqu'à 15 à 20 minutes. Si l'exposition au froid continue, le phénomène de Hunting commence et une vasodilatation rapide débutera. Si le froid est retiré avant l'apparition du phénomène de Hunting, les vaisseaux sanguins se dilateront très lentement et n'auront pas le temps de laisser passer beaucoup de sang avant l'application de froid à nouveau (1 5 à 20 minutes après).

 

Le froid vif (glace par exemple) peut facilement brûler la peau (pensons à une exposition du visage au vent glacial de l'hiver). Pour cette raison, il est important de ne pas appliquer de froid vif directement sur la blessure. Il est recommandé de mettre la,glace dans un intermédiaire (ex.: débarbouillette). S'il s'agit de froid tel que de l'eau froide, l'intermédiaire n'est pas nécessaire.

 

Les effets du froid sont les suivants:

 

-vasoconstriction initiale durant 15 à 20 minutes

-phénomène de Hunting si laissé en place plus de 20 minutes

-diminution de la douleur par ralentissement de la conduction nerveuse

 

 

application en soins d'urgence

 

Vous connaissez déjà le principe de "pression - élévation - repos" pour les simples hémorragies. Une blessure musculo-squelettique entraîne une hémorragie (à tout le moins interne) et les soins d'urgence en seront donc très semblables. Nous allons modifier le principe quelque peu en y ajoutant l'utilisation du froid.

 

I : pour lce (glace)

C: pour Compression

E: pour Élévation

S: pour Support

 

Les lettres "ICES" correspondent bien au principe que l'on veut appliquer aux soins d'urgence de ce type de blessures. Lorsque la douleur au mouvement est présente, il faut stabiliser (supporter) la partie atteinte, appliquer une pression (si tolérable) sur le site d'hémorragie interne, élever la partie atteinte (si possible) et, bien sûr, appliquer du froid.

 

utilisation de la chaleur

 

En soins d'urgence, l'utilisation de chaleur ne trouve pas sa place pour les blessures musculosquelettique. Cependant, elle prend sa place après un délai de 48 heures suivant la blessure (à moins que la phase aiguë ne soit pas terminée - dépendant de la gravité de la blessure). Après cette période, les vaisseaux sanguins sont réparés et il importe maintenant de faire circuler le sang et la lymphe (système lymphatique) dans la région blessée pour faciliter le nettoyage des débris (cellules mortes). L'application de chaleur doit respecter le même principe d'alternance que pour le froid.

 

Le seul temps où l'on pourrait suggérer l'utilisation de chaleur immédiatement est lorsqu'il n'y a pas de blessure et dans un but de prévention des courbatures reliées à un effort auquel les muscles ne sont pas habitués. C'est pourquoi la douche ou le bain chaud après un entricinement est bénéfique (à condition qu'il n'y ait pas eu de blessure bien entendu). La vasodilatation créée par la chaleur permettra ainsi le drainage des déchets métaboliques des muscles (acide lactique). On doit se souvenir qu'on ne peut pas se tromper en appliquant du froid mais gu'on peu empirer une blessure avec de la chaleur.

 

 

outils pour l'application du froid

 

Il existe différents moyens pour l'application de froid sur une blessure.

 

-glace concassée

-glace gelée dans un verre de "styrofoam"

-neige

-froid chimique

-neige dans un gant en latex

 

 

Les trois premiers sont économiques mais souvent non-disponible. Le froid chimique peut être présent dans la trousse de soins d'urgence. Il s'agit d'un sac contenant une poudre chimique dans laquelle baigne un sac. Ce sac contient une substance qui, lorsqu'en contact avec la poudre chimique, dégage du froid.

 

La qualité de ce "système" est de pouvoir obtenir du froid partout. Cependant, il y a des défauts qui font en sorte que plusieurs secouristes ne l'utilisent pas :

 

-coûte relativement cher

-ne dégage pas beaucoup de froid (pas besoin d'intermédiaire en le sac et la peau)

-ne produit pas de froid longtemps - 15 à 20 minutes maximum. Cependant, c'est quand même la période la plus critique.

-si le sac perce (ce qui arrive parfois), la peau devient irritée par le produit chimique. Le sac peut percer aussi dans la trousse causant des dégâts.

 

Ces défauts vous sont exposés pour que vous les connaissiez. Il importe de comprendre que, malgré ces défauts, le froid chimique demeure un outil important pour prévenir une blessure plus sérieuse.

 

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